jeudi 30 mars 2017
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Le brûlage dirigé

Une technique au bénéfice de la prévention des incendies de forêt

Le brûlage dirigé représente sans conteste une technique complémentaire efficace, économique, performante et avantageuse pour l’aménagement des zones d’intérêt stratégique de défense de la forêt contre les incendies, notamment des espaces inaccessibles à d’autres moyens de débroussaillement.

 

 

 

1.  Définition

 

Le brûlage dirigé consiste à détruire par le feu des herbes, broussailles, litières, rémanents de coupe, branchages, bois morts, sujets d’essence forestière ou autres lorsqu’ils présentent de façon durable un caractère dominé et dépérissant, dont le maintien est de nature à favoriser la propagation des incendies (article R.321-33 du code forestier).

 

Cette opération est conduite de façon planifiée et contrôlée, sur un périmètre prédéfini, avec obligation de mise en sécurité, vis à vis des personnes et des biens, des peuplements forestiers et des terrains limitrophes, conformément aux dispositions du cahier des charges départemental.

 

 

2.  Le cadre de réalisation des opérations de brûlage dirigé

 

La sous-commission départementale contre les incendies de forêt landes maquis et garrigues définit l’orientation de cette technique dans le département. Elle regroupe le Département de la Haute-Corse, le Service Départemental d’Incendie et de Secours, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer, l’Office du Développement Agricole et Rural de la Corse, l’Office de l’Environnement de la Corse, l’Office National des Forêts et les mairies concernées sous la présidence de la Préfecture.

 

De surcroît, le brûlage dirigé s’intègre judicieusement dans les perspectives du Plan de Protection des Forêts et des Espaces Naturels contre les Incendies (PPFENI).

 

 

3.  Les Forestiers Sapeurs de la Haute Corse, acteurs majeurs du brûlage dirigé

 

Le brûlage dirigé est une opération complexe réservée à des équipes spécialisées et formées.

La responsabilité du chantier est confiée à une ou des personnes possédant une attestation délivrée par un établissement habilité à dispenser la formation destinée aux personnes responsables des travaux de brûlage dirigé figurant sur une liste fixée par arrêté interministériel.

 

Pionniers de l’utilisation du brûlage dirigé en Haute Corse, les forestiers sapeurs ont introduit cette technique dès 2001, en privilégiant jusqu’en 2006 la formation et l’acquisition d’expérience sur le terrain

 

Dès 2006, la pratique s’est intensifiée, avec pour corollaire :

  • Le renforcement régulier de l’équipe sur la base du volontariat au sein du service des forestiers sapeurs

  • L’édition d’un programme pluriannuel de brûlage dirigé validé en sous-commission départementale contre les incendies de forêt landes maquis et garrigues, et qui intègre ou a été intégré par les différents plans de protections contre les incendies (PLPI et PRMF notamment)

  • La réalisation de nombreuses opérations de brûlage dirigé en interservices (SDIS, ONF, Sécurité Civile) et en collaboration avec les différents organismes publics liés aux problématiques environnementales.

 

 

4.  Quelques chiffres « clés »

 

Aujourd’hui, l’équipe de brûlage dirigé du service des forestiers sapeurs de la Haute Corse, est composée de 8 Responsables de Travaux de Brûlage Dirigé (dont 4 cadres feux tactiques), et de 18 équipiers confirmés (dont 2 sont en cours de formation pour devenir à leur tour Responsable de Travaux de Brûlage Dirigé).

 

En 2012, 340 hectares ont été traités en brûlage dirigé.

En 2013, 170 hectares ont été traités en brûlage dirigé.

En 2014, 140 hectares ont été traités en brûlage dirigé (au 20 avril soit à la mi- saison).

 

 

5.  Quelques repères « techniques »

 

  • Il faut prendre en compte, le type et l’état de la végétation, et les associer à des conditions particulières de vent, de température et d’humidité de l’air pour que cette technique puisse être mise en œuvre. Lorsque ces conditions sont réunies la haute technicité des équipes de brûlage permet aussi de réaliser des ouvrages dans des zones très difficiles d’accès en montagne ou sous des pins par exemple, avec un maximum de sécurité tout en préservant l’essentiel à savoir les grands arbres mais surtout la terre végétale qui loin d’être stérilisée par ces feux contrôlés assure le renouvellement de la banque de graines permettant parfois à des espèces rares et protégées de se développer.

  • Le « paradoxe » du feu

    Le brûlage dirigé est basé sur l’utilisation du feu pour lutter contre…le feu. En effet, le « cycle de vie » du feu est basé sur ce qui est communément appelé, le triangle du feu (voir illustration ci-dessous) :

    Pour pouvoir naître et perdurer, le feu a besoin de ces 3 composantes principales, du carburant (ou combustible), de la chaleur (ou énergie) et d’un comburant (l’air et son oxygène en général). Si on supprime l’un de ces éléments, le feu ne démarre pas ou s’éteint. Il apparaît évident que le facteur sur lequel il est le plus « aisé » d’agir, c’est le combustible. Moins il y a de combustible, et moins le feu pourra se développer.

     

    Le brûlage dirigé permet de diminuer fortement la charge de combustible présente, laissant peu de chance à un éventuel incendie qui rencontrerait ces zones « brûlées » de pouvoir se développer.

 

En milieu forestier, le brûlage dirigé présente également la particularité de traiter la strate arbustive. Cette dernière, comme le montre l’illustration ci-dessous, est la strate intermédiaire entre la strate herbacée et la strate arborescente.

 

 


En cas de feu, c’est cette strate arbustive qui permet à un feu courant de prendre de la puissance et d’atteindre le houppier des arbres, devenant alors un feu dit « total ».


Ce type de feu est le plus puissant et le plus dévastateur qui existe, il ne laisse aucune opportunité d’intervention aux moyens de lutte.

 

Le brûlage dirigé permet de traiter et d’éliminer cette strate arbustive, et de de produire ce que l’on appelle, la mise en auto résistance des peuplements.

 

 

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